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    Bilan

    Nous voilà au terme de notre magnifique périple.

    Ça parait déplacé de dire que ces mois de vadrouille sont passés trop vite mais ça a été le cas, surtout lorsqu'on voit tant de choses et que l'on parcourt autant de distance en si peu de temps...
    Nous avons traversé maints paysages bucoliques : canyons, jungles, volcans, oasisgeysers, glaciers, ruines, gorges, déserts, lacsmonts enneigés, grottes, océans...
    Nous avons également fait de chouettes rencontres et passé de délicieux instants en présence de gens fort chaleureux.

    Comme dirai Mamita : "les plus belles rencontres que j'ai faite étaient en voyage"; "des rencontres à usage unique" selon Edouard Norton dans Fight Club.

    Elles ont un quelque chose de spéciale... un caractère plus naturel et authentique : l'autre n'a pas de passé ni d'avenir (du moins cela importe peu dans l'instant), il n'y a que le présent entre vous et l'autre, les âmes se rencontrent. On est au plus proche de l'autre, il n'y a rien à prouver, les rencontres sont "vraies" car l'instant est éphémère, on va au plus près des choses...

     

    Le plus magique au cours d'un voyage c'est la découverte d'une autre culture, de nouveaux horizons, de pensées et modes de vie différents.

    Le voyage est le seul moment où je parviens à retrouver ce regard si particulier qu'ont les bébés : fasciné et captivé par la découverte du monde. Le voyage nous permet d'abandonner nos certitudes et nos repères dans un lieu inconnu où l'on arrive encore à boire sans lassitude le monde qui nous entoure, et accueillir la différence avec un autre regard.

    La différence (de couleur de peau, de culture, de religion...) et particulièrement son acceptation, est la plus grande richesse que puisse répandre l'Homme car elle invite naturellement au respect d'autrui (son mode de vie, ses convictions, sa sexualité...)

    Avide de cette différence, j'aime sentir le souffle de ce vent nouveau qui s'engouffre dans mes poumons, et m'invite à penser le monde et les gens autrement que dans l'étroitesse de la routine quotidienne qui domine nos vies et enchaine bon nombre d'entre nous.


    Ce périple en Amérique Latine a été la plus belle expérience que j'ai vécue, et pour cause : j'ai réalisé trois rêves...

    Ça valait vraiment le coup de tout plaquer pour quitter ce train-train quotidien qui nous absorbe dans l'oubli nos rêves...
    Puissiez-vous un jour réaliser les vôtres = )

    Au terme de cette aventure j'ai souhaité adressé quelques remerciements :

    Merci à toi petit bolivien de 4 ans pour t'être planqué derrière ta grande sœur après m'avoir mis une main aux fesses.
    Merci à Sebastían le chilien pour sa pittoresque interprétation de "La Bohème", une bouteille de vin rouge en guise de micro...
    Merci aux douches électriques boliviennes et péruviennes de nous avoir électrocuté.
    Merci à toi salmonelle d'avoir été aussi fidèle à mes intestins en y élisant domicile...

    Merci à Pérurail (train du Macchu Pichu) pour ses tarifs abusifs à la limite du foutage de gueule...
    Merci à la Pachamama d'être aussi belle, généreuse et ressourçante.
    Merci aux boliviens pour leur cool attitude, informelle et dépourvue de bonnes manières pompeuses et inutiles.

    Merci aux péruviennes et aux argentines de nous avoir autant fait saliver devant leur beauté...

    Merci au Guide du Croutard pour tous ses faux plans "mis à jour".
    Merci à la musique de nous avoir permis de faire de belles rencontres et de partager d'excellents moments...
    Merci à Enrique le mexicain d'avoir constamment veillé sur nous...

    Merci à Monsieur Soleil de nous avoir accompagné si fidèlement.
    Merci aux péruviens d'être un peuple aussi chaleureux et accueillant.

    Merci aux bonnes opportunités de s'être présentées à nous : )
    Merci à Sandrine et sa passion de l'Amérique du Sud, pour m'avoir orientée et fait rêver sur les merveilles que recèle ce continent.
    Merci à Samantha pour son petit carnet de voyage offert à ma démission du boulot.
    Merci à tous ceux qui nous ont suivi et laissé des messages, notamment ma jumelle Laurence et ma meilleure amie Julie.

     

    Organisateur sur place / interprète : Pierre-Julien Lavilgrand.

    Improvisateur et photographe (particulièrement doué pour les photos volées) : Mathias Bathfield.

    Envoyée spéciale (rédaction et photos) : Marie-Pierre Lavilgrand.

    VENEZUELA : Caracas/ Choroni/ Chuao/ Ciudad Bolivar

    De l'avion qui se dirige vers Caracas, nous apercevons la côte découpée du Venezuela et les eaux turquoise de la mer des Caraïbes en contraste avec la terre rouge et la végétation flamboyante des collines environnantes.

    Arrivés à l'aéroport, trois porteurs déguisés en flics français viennent nous proposer discrètement de changer de la monnaie à un bon taux; nous continuons un peu plus loin et c'est tout le monde qui nous assaille pour le change.

    Un vent d'air chaud et humide nous met une claque lorsque nous mettons un pied dehors. Nous grimpons dans le bus nous menant à la capitale, Caracas : salsa à fond, nous passons les banlieues bordées de centaines de petites cases colorées entassées les unes sur les autres; la conduite est anarchique.

     

    Caracas est une jungle urbaine, une ville monstrueuse où règne un joyeux bordel : une activité trépidante avec d'incessants klaxons en guise de fond sonore (quelqu'un nous explique que les vénézuéliens ne supportent pas le silence, synonyme de mort, et qu'ils ne peuvent donc pas s'empêcher de faire du bruit). Malgré son agressivité, son stress et son bruit, Caracas reste étrangement agréable...avec un certain cachet tropical : il y a beaucoup de blacks et de manière générale un riche métissage; de nombreux étals de fruits tropicaux bordent les rues colorées et nous entendons de la salsa et du reggaetone à chaque coin de rue.

    La vie est chère; nous échouons dans un hôtel de passe aux chambres ornées de miroirs et aux escaliers équipés de caméras...

    Nous retrouvons la charmante Justine (copine française) et ses amis vénézueliens : l'ambiance est très portée politique et développement rural, compte tenu des études et fonctions de chacun.

    "A Caracas les flics seront vos pires ennemis" nous dit-on; nous le testons malgré nous : un flic nous hèle dans la rue et nous fait faire demi-tour pour nous incendier, d'un regard méprisant et un air hautain, car nous avons osé ne pas répondre à son bonjour (que nous n'avions évidemment pas entendu...) Tranquilo señor !!!

     

    Nous partons pour Choroni sur la côte; dans le bus on nous demande de garder tous les rideaux fermés afin d'éviter les projections de pierres de la part de délinquants. Nous empruntons une route de montagne qui serpente péniblement à travers une dense végétation humide et luxuriante, traversant d'agréables paysages et une forêt de bambous.

    Choroni est un petit village de pêcheurs fort plaisant, rappelant un peu Manapany-les-bains à la Réunion.

    Nous logeons à Puerto Columbia dans une petite auberge rustique; à peine arrivés nous déjeunons rapidement et prenons une lancha (barque à moteur) pour aller flâner sur une petite plage paradisiaque et complètement retirée. Nous nous éclatons dans les vagues couleur turquoise puis reprenons la mer : c'est vraiment le pied cet endroit !

    Le lendemain nous partons en bateau à Chuao, charmant petit village en bord de mer, très roots, avec une atmosphère de bout du monde où le temps semble s'être arrêté.

    Seuls face à une nature triomphante, nous marchons pendant 1h jusqu'au village, à travers des plantations de cacao (le meilleur du monde selon eux), café, canne à sucre, bananiers, fruits à pain, et une forêt d'arbres gigantesques. Nous nous liquéfions sur place sous le cagnard; il fait tellement chaud que le bitume engloutit en son sein des centaines de capsules de bouteilles...

    La majorité de la population est noire (tous descendants d'africains) et vit pieds nus; tout produit arrive ici par barque, même les rares voitures que l'on croise...

    Nous rentrons à Choroni et buvons une bière sur le petit port; les pêcheurs font l'attraction du coin avec les espadons, requins et autres poissons qu'ils ramènent. En soirée nous sortons faire la fête : nous sirotons divers cocktails tout en admirant, le regard médusé, une danse endiablée : Pablo (notre pote vénézuélien) et la serveuse italienne dansent le meringue et la salsa divinement bien (muy caliente...)

    Nous sortons ensuite nous balader : le week-end le village s'enflamme dans le crépitement des tambours du barlovento (une danse sensuelle et primaire), le tout arrosé de guarapita (rhum passion). Nous finissons en boîte de nuit jusqu'à 4h du mat : en savates, panta-court et débardeur; la piste est en plein air posée sous un flamboyant.

     

    Le lendemain Marie-Pierre part rejoindre Mathias à Caracas (Julien reste se poser à Choroni); nous partons pour une nuit de bus jusqu'à Ciudad Bolivar dans la Gran Savana. Nous atterrissons dans une très belle et agréable auberge (Don Carlos) de style colonial, tout en bois avec un joli patio, un bar façon western, des chaises en fer forgé et bois sculpté, et de nombreux objets anciens; on y écoute que du reggae et l'ambiance est très décontractée...

     

    Nous partons 3 jours en tour organisé au Salto Angel : après 2h30 de bus nous prenons un petit cessna que nous devons attendre 1h le temps qu'il recharge la batterie !

    Nous survolons des paysages sauvages et bucoliques : chutes d'eau boueuse, énormes tépuis (montagnes de forme tabulaire), lagunes, larges rivières aux nombreux îlots serpentant à travers une dense forêt... jusqu'à un petit village où nous prenons une barque en direction du campement.

    Au détour de certains virages le río nous offre des paysages magnifiques, le trajet à lui seul vaut le détour, tout est grandiose : les imposants tépuis aux multiples cascades, leurs reflets dans l'eau, les jeux de lumière du soleil couchant...

    Un orage menace au loin : on se prend une pluie diluvienne qui nous détrempe en quelques secondes.

     

    Notre campement est un grand préau sous lequel sont suspendus une trentaine de hamacs. Après une courte nuit grâce à un ronfleur invétéré, nous reprenons le río jusqu'au second campement, passant les rapides à contre courant : l'eau s'infiltre dans la barque et nous trempe.

    L'après-midi nous partons en excursion au Salto Angel : plus hautes chutes du monde (9079m) sur le trajet l'eau est couleur rouge-ocre; nous nous baignons dans ses eaux fraiches et tonifiantes.

    Le dernier jour nous partons à l'aube, l'atmosphère est mystique : une épaisse brume a envahit la forêt et le soleil inonde les falaises tépuis d'une lumière rosâtre. Nous arrivons au Salto Sapo : impressionnantes chutes d'eau que nous admirons du sommet, puis nous empruntons un petit sentier passant derrière les chutes : le bruit est assourdissant et la force de l'eau impressionnante, nous prenons une bonne douche...

    Nous continuons ensuite vers le Sapo Acha dans la belle lagune Canaïma, et rebelote... Notre tour s'achève ici; nous reprenons notre petit cessna pour Ciudad Bolivar où nous passons 2 jours tranquillou-pépère, puis nous filons en bus de nuit à Caracas.

    Demain déjà nous rentrons en France, après des mois de vadrouille et de superbes découvertes...le temps passe trop vite...

    EQUATEUR : Riobamba/ Baños/ Quito

    Nous faisons une halte à Riobamba puis continuons vers Baños; le taxi nous menant à la gare routière se met à courser le bus (déjà parti) pour qu'on puisse y grimper...

    Baños de Agua Santa est un petit village paisible niché au creux des Andes et adossé au versant du volcan Tungurahua en activité permanente. Son cratère est situé à moins de 10km de Baños et le village a déjà été enseveli sous une épaisse couche de cendres. 

    Nous apprécions la douceur de vivre de ce village thermal à la végétation tropicale abondante. Dans notre auberge nous entendons avec émerveillement et admiration un fou rire de perroquets ! 

     

    Nous filons ensuite à la capitale, Quito : située à la base du volcan Pichincha, la ville étend ses quartiers populaires sur de verdoyantes collines et se divise en deux grandes zones distinctes : le Quito moderne au Nord et le Quito colonial au Sud. Notre auberge se situe en plein Quito moderne : très branché (hôtels internationaux, restaurants chics, bars, discothèques...) il y règne la nuit une atmosphère électrique (la ville ne dort jamais...)

    Nous nous y faisons une chouette bande de potes espagnols, français et anglais, autour de parties de billard à n'en plus finir et de fiesta rhum organisées par l'auberge.

    Nous partons visiter le Quito colonial : historique et populaire, il renferme de nombreuses façades ouvragées, des marchés, petites places pavées, ruelles étroites et une impressionnante cathédrale.

     

    Nous gagnons ensuite La Mitad del Mundo (autrement dit : le milieu du monde) : nous franchissons la ligne de l'Equateur, physiquement marquée au sol et séparant l'hémisphère Sud de l'hémisphère Nord (certaines expériences physiques à gauche et à droite de la ligne equinoxiale y sont réalisées au grand bonheur des touristes...)

    Le lendemain nous grimpons (en compagnie du très chaleureux équatorien Jaime) dans un téléphérique jusqu'au sommet d'une montagne à 4100m d'altitude, offrant un panorama époustouflant sur Quito, les volcans, montagnes et vallées alentours.

    Nous filons ensuite à Otovalo, le plus grand (trop) marché de toute l'Amérique Latine, nous y faisons nos emplettes puis retournons à Quito prendre l'avion pour le Venezuela. Adíos Ecuador!

    EQUATEUR : Loja/ Vilcabamba/ Cuenca

    Nous voilà en Equateur. Notre première impression ? 

    On se croirait à la Réunion ! (Marie-Pierre sent qu'elle n'aura aucun mal à aimer ce pays...), notre bus arpente une route sinueuse 8h durant, à travers montagnes et collines couvertes d'une luxuriante végétation  tropicale.

     

    Nous nous arrêtons à Loja, ville étape pour aller visiter Vilcabamba : charmant village à l'éternel printemps, niché dans la Vallée des centenaires (ici dit-on "la mort a pris des vacances"; nous voyons accroché à un mur la photo d'une dame de 126 ans).

    Nous séjournons quelques jours dans un écolodge situé en plein cœur de la réserve naturelle de Rumi Huilco. 

    Nous voilà en pleine forêt tropicale : nous dormons avec scorpions, scolopendres et araignées, nous nous douchons avec limaces et moustiques coriaces, et cuisinons avec cafards, guêpes et bourdons. (Marie-Pierre est on ne peut plus rassurée...).

    Notre piaule à l’intérieur humble et 100% naturel, est en terre crue et en bois. Nous y accédons en franchissant un pont affaissé sur une des rives de la rivière (cf. photos) puis en empruntant un petit sentier.

    A Vilcabamba le temps semble s'être arrêté.

    Nous visitons la réserve et mitraillons de nos appareils photo ses multiples oiseaux et papillons; lorsque nous rentrons à la nuit tombée des lucioles nous offrent un spectacle magnifique en illuminant la montagne de leur scintillement vert phosphorescent.

     

    Nous partons faire une superbe balade à cheval dans l'immense Parc National de Podocarpus renfermant une riche biodiversité (pumas, ours à lunettes, loups du paramo, cerfs, orchidées...). Le parc s'étend de 900m à 3800m d'altitude et on y trouve tous les écosystèmes depuis la forêt tropicale humide jusqu'aux hauts plateaux.

    Nous traversons des rivières, passons des cols, nous enfonçons dans des sous-bois humides et frais. Lorsque nos chevaux partent au galop nous sommes comme des gamins, large sourire fendu jusqu'aux oreilles et moustiques collés aux dents...

    Chouette journée s'achevant sur un agréable et lascif massage (à faire bander un mort...)

     

    Nous prenons ensuite la route pour Cuenca, Mathias nous quitte pour aller en Colombie. N'ayant pas arrêté de courir pendant 3 mois, Julien et Marie-Pierre préfèrent prendre le temps de vivre et d'apprécier les rencontres.

    Troisième grande ville du pays, pétrie d'une âme coloniale, Cuenca possède un charme indéfinissable. Classé au Patrimoine de l'Unesco, son centre historique est magnifique, renfermant petites rues pavées, façades historiques, jolis balcons fleuris ouvragés et une majestueuse et splendide cathédrale.

    On y flâne avec enchantement sans jamais se lasser; l'inconvénient est qu'on n’arrive plus à la quitter...

     

    Nous séjournons dans une chouette auberge à l'ambiance très conviviale où nous nous faisons une bande de potes argentins, colombiens et français. Nous partageons nos cultures, enchainons les fêtes, parties de cartes à n'en plus finir et discussions jusqu'au bout de la nuit...

    Julien et moi n'arrivons plus à partir...nous repoussons l'échéance par deux fois. Après une semaine nous arrivons enfin à plier bagages : un pincement au cœur nous échangeons les adresses e-mails avec nos potes, les serrons dans nos bras et partons pour Baños.

    PEROU : Lima/ Huaraz/ Trujillo/ Huanchaco

    Lima, capitale du Pérou située sur la côte, est une ville maussade en hiver avec sa constante "neblina" : rideau de nuages et de brume toujours baissé. La ville offre une belle architecture coloniale et regorge de flics et de gardes car dangereuse. Certains chauffeurs de taxi conduisent entourés d'une une "cage" grillagée pour se protéger; les flics patrouillent avec leur bouclier et sur la Plaza Mayor des tanks sont postés devant le Palais Gouvernemental. Nous y restons 2 jours, logés dans le quartier résidentiel de Miraflores, puis prenons la route pour Huaraz : joli petit bled posé entre les imposantes et superbes cordillères Blanche et Noire.

    Nous partons grimper le Pastoruri (5460m), sur la route nous croisons des puyas de Raimondi, curieuses plantes endémiques au Pérou ne fleurissant qu'une fois tous les 100 ans et ne poussant que de 3800 à 4200m  d'altitude. Nous faisons une halte à la lagune aux 7 couleurs où nous remplissons nos bouteilles d'eau ferrugineuse puis nous attaquons l'ascension du Pastoruri (un panneau indique "sentier difficile mais pas impossible"...). Arrivés au pied du glacier nous découvrons une grotte magnifique à l'intérieur bleu turquoise et parsemé de stalactites, où l'eau sculpte gracieusement la glace. Le sommet du glacier est une porte ouverte sur les Andes, nous y apprécions des paysages grandioses qui nous laissent sans voix. Nous arpentons ensuite la descente en partie sur les fesses et en se lançant des boules de neige.

    Le lendemain Mathias et Marie-Pierre partent en trekking pour 4 jours dans le Parc National de Huascaran : vrai petit bijou de la nature, le trek de Santa Cruz renferme lacs, rivières, cascades et vallées, le tout cerné de glaciers et montagnes de plus de 6000m. Debout à 6h nous faisons 3h de bus sur une piste pourrie à travers la montagne, passant par la lagune bleu turquoise Llanganuco, surmontée du plus haut sommet péruvien : le Huascaran. Arrivés au début du sentier le guide charge les mules et nous partons pour 4h de marche jusqu'au campement; pendant la pause déjeuner les mules viennent nous quémander notre casse-croûte. Le lendemain nous franchissons le col de Punta Union (4750m) donnant sur un panorama magnifique. Après 7h de marche nous arrivons au campement et admirons le coucher de soleil sur les pics enneigés. Après une courte et bien fraîche nuit nous partons au mirador de l'Alpamayo, "la plus belle montagne du monde" (selon les péruviens) en forme de diamant, puis nous nous enfonçons dans une superbe vallée aux paysages bucoliques, couleur rouille, ocre, vert amande, turquoise, rouge...

    Le dernier jour nous poursuivons notre treck dans cet endroit paradisiaque puis nous rentrons en mini bus à Huaraz : après une douche salutaire et un bienvenu repas copieux, nous enchainons sur une nuit de bus jusqu'à Trujillo sur la côte pauvre et désertique du Pérou. Nous passons la nuit à Huanchaco, station balnéaire à 15km de Trujillo, puis prenons un bus pour Piura, dernière ville étape avant Loja en Equateur.

    Notre long séjour péruvien s'achève ici. Adios Perú !

    PEROU : atmosphère...

    Nous sommes en hiver et sur les villes côtières règne une constante brume relativement déprimante (appelée "neblina") que le soleil pénètre difficilement.

     

    Il circule pas mal de cyclo-pousses et les taxis roulent au gaz, non tant par souci d'écologie que par rentabilité, car comme les boliviens les péruviens n'ont aucune conscience écologique et sont sans pitié pour la Pachamama. Tous conduisent comme des fous, la conduite est vraiment free style par ici.

     

    De manière générale concernant les services, les péruviens sont bien mieux organisés que les boliviens, qui font les choses de façon plus artisanale.

     

    Les marmailles sont tout crasseux et mendient ou travaillent dès leur plus jeune âge depuis 8/9h du matin jusqu'à 11h le soir (le français parait bien ridicule à revendiquer ses 35h...). Ici on vend des coups de fil: un portable à la main, des gens crient dans la rue " llamada? llamada? ".

     

    Comme en Bolivie les adultes péruviens partagent sans retenue l'univers de leurs enfants : ils sont facilement amusés de ce que ces derniers peuvent faire (comme s'ils réparaient ou retrouvaient leur enfance volée par l'incontestable pauvreté). Les gens sont adorables, chaleureux et très serviables, ils se soucient de vous comme si vous étiez un membre de leur propre famille, nous y faisons de belles rencontres, très amicales.

     

    Nous devenons tous les trois fous face à la beauté des femmes : métisses (chinois/indigène) aux traits fins, elles sont magnifiques...ce sont les plus belles que nous avons croisées jusqu'à présent.

     

    Sur certains murs on peut lire écrit en gros caractères : " le commerce d'organes est interdit ". Sur beaucoup d'autres murs nous lisons "zone sûre en cas de séisme" car le pays a toujours été rythmé par de nombreux tremblements de terre.

     

    Les péruviens ont l'esprit très patriotique : à Cuzco tous les dimanches sur la Plaza de Armas, militaires et marmailles d'à peine 7 ans paradent sur une marche militaire. Un type me raconte d'un air révulsé que le jour de la fête de l'Indépendance ces mêmes marmailles de 7 ans défilent une mitraillette à la main, et leurs pères tout fiers d'eux les applaudissent et les photographient (!)

     

    Les péruviens aiment "taguer" les collines de toutes sortes de messages en rasant la végétation ou en creusant la terre.

     

    Ici il n'y a pas de métier d'hommes, les femmes sont ouvrières et travaillent sur les chantiers avec les hommes.

     

    Les péruviens sont très à cheval sur les contrôles de sécurité : souvent un type monte à bord des bus de nuit une caméra à la main, filme le visage des passagers et prend leurs empreintes avant d'embarquer dans le bus, ou dépose parfois la liste des voyageurs dans une voiture de police stationnée pas très loin. 

    PEROU : Arequipa/ Colca/ Nazca/ Huacachina

    Arequipa : belle grande ville à 2300m d'altitude surnommée la ville blanche (car construite en pierre de lave blanche), est située dans une oasis de verdure au pied du gigantesque volcan Misti. Deuxième grande ville du Pérou, Arequipa offre 350 jours de soleil par an et des températures très douces (fort agréables pour nous car c'est l'hiver et cela fait un moment que nous n'avons pas eu chaud).

     

    Au restaurant nous mangeons avec les doigts (tradition oblige) notre premier plat inca copieux et très savoureux.

    Nous passons nos après-midi à jongler et faire de la musique sur la place des arts avec nos nouveaux potes péruviens, argentins et américains.

     

    Nous partons trois jours traverser le canyon de Colca avec notre charmante guide Sarah.

    Deuxième plus profond du monde, le canyon de Colca ressemble plus à une vallée renfermant de nombreuses terrasses pré incas sculptées dans la montagne, des sites sauvages et escarpés et une pampa désertique surmontée de volcans.

    Nous descendons au fond du canyon et passons la nuit au petit village de San Juan. Le lendemain nous continuons jusqu'à une mignonne petite oasis sans électricité; Sarah nous fait goûter les délicieux fruits de divers cactus. 

    Notre piaule est une petite cabane en roseaux posée à même la terre, où vent et soleil pénètrent librement. Bercés par le bruissement de la rivière en contrebas, nous dormons jusqu'à 3h du matin puis plions bagages pour attaquer l'ascension ardue du canyon : nous grimpons au clair de lune pour arriver à Cabanaconde à l'aube; sur la route nous croisons deux mama péruviennes servant des chaudes tasses de coca pour booster les randonneurs. Après un appréciable petit dèj puis filons à la "Cruz del Condor": point de vue où l'on admire le vol gracieux de condors (oiseau sacré des Andes). Nous embrayons ensuite sur un agréable bain aux thermes de Chivay, à l'eau sulfureuse et ardente (42°).

     

    En fin de journée nous revenons à Arequipa où nous retrouvons nos potes : nous animons les rues et places de la ville avec nos percussions, guitares, harmonica, didgeridoo, flûte et chants... super souvenir et chouettes rencontres...

    Après un difficile au revoir à Arequipa et nos potes, nous partons de nuit pour 10h de bus jusqu'à Nazca; au moment de partir un type monte à bord du bus et filme le visage de chacun des passagers pour la sécurité.

     

    Au petit matin à notre arrivée nous prenons un petit avion de 3 places pour survoler les lignes de Nazca :

    formes géométriques et animaux stylisés (dessinés entre l'an 300 et 900) à même le désert de Nazca : creusés dans la terre ou dans la roche sur 10 à 30cm de profondeur et sur une largeur pouvant aller jusqu'à 3m.

    En dehors des formes géométriques (arbre, main, fleur) on peut dénombrer une vingtaine d'animaux dont un colibri de 60m de large, un singe de 80m, une baleine, une araignée...

    Certains archéologues pensent qu'il s'agit là du plus grand calendrier astronomique du monde : les dessins seraient la reproduction de figures formées par les étoiles et ils permettraient d'enregistrer le mouvement exact des astres; et les lignes serviraient à repérer les alignements du soleil, de la lune et de certaines étoiles pour calculer les saisons. D'autres voient à travers ces dessins l'œuvre d'extra-terrestres.

    Menacées par l'érosion et les changements climatiques, les lignes de Nazca demeurent un grand mystère et sont fascinantes à observer...

     

    L'après-midi nous partons à Huacachina, magnifique oasis en plein désert où nous grimpons une grande dune de sable pour admirer un magnifique coucher de soleil sur le désert (Marie-Pierre est heureuse, elle réalise un autre de ses rêves).

    Le lendemain nous partons pour une chouette aventure en buggy dans le désert : armés de nos sandboard (surf des sables) nous nous éclatons comme des fous : nous dévalons les dunes de sable, se cassant la gueule et mangeant du sable par la même occasion.

    Au retour notre chauffeur Luís s'amuse avec son buggy à travers les dunes : sensations garanties... Ce fût une superbe journée.

     

    Le lendemain nous partons pour la capitale péruvienne Lima.

    PEROU : Cuzco/ Chinchero/ Pisac/ Ollantaytambo/ Aguas Calientes : Machu Picchu

    Nous voilà à Cuzco, très jolie ville d'une grande richesse architecturale et archéologique. Située à 3400m d'altitude et entourée de montagnes brunes, la ville s'étend dans une belle vallée. Son centre renferme de jolies places et belles maisons coloniales aux balcons en bois sculpté, alignées le long de ruelles étroites.

     

    En nous baladant nous rencontrons plusieurs dealers qui nous accostent pour nous vendre toutes sortes de drogues, jusqu'aux serveurs de restaurants qui ont deux fonctions : remplir leur restaurant, et si vous leur répondez "non merci" quand ils vous invitent à entrer, ils se penchent vers vous et vous murmurent à l'oreille " Marijuana ? Cocaïna ? ".

    Aïe aïe aïe...

     

    Dès leur arrivée à Cuzco Lyliane et Jean-Pierre retrouvent Marie-Pierre à la clinique, hospitalisée pour une salmonellose mal soignée. Du coup Julien et Mathias inquiets pour leur sort, se font faire une prise de sang par la très charmante et jolie infirmière : nous sommes tous les trois positifs (...)

     

    Une fois tout le monde sur pieds nous partons traverser la vallée inca : nous nous arrêtons à Pisac où nous visitons les ruines incas et le marché artisanal, puis nous filons dormir à Ollantaytambo.

    Le lendemain nous visitons sa forteresse; au passage nous observons avec stupéfaction une classe de marmailles en plein cours d'éducation civique : messieurs-dames, à peine âgés de 4 ans, apprennent à faire la grève et défilent ainsi dans les rues, pancartes à la main (les messages sont tout mignons : "j'aime jouer dans mon jardin", "j'apprends à partager", "tout enfant à droit à l'éducation"...)

    Nous prenons ensuite le train (abusément cher) pour Aguas Calientes : charmant village andin situé au confluent de trois vallées encaissées, dominé par de hautes montagnes rocheuses couvertes de forêt et bercé par une rivière torrentueuse. 

    Accessible uniquement en train, Aguas Calientes est le point de départ pour le Machu Picchu; il y règne une atmosphère de bout du monde.

    Après une courte nuit de sommeil nous partons pour une demi-heure de bus jusqu'au Machu Picchu : cité inca perchée sur un promontoire rocheux dans un somptueux environnement. Victime de son succès, le site est aujourd'hui en péril et menace de fermer ses portes aux visiteurs. 

    Nous arrivons à 6h du mat pour l'ouverture du site, Marie-Pierre est sur le point de réaliser son vieux rêve d'enfant... Cet endroit est magique, spectaculaire, grandiose, il y règne une atmosphère mystérieuse...

    Nous commençons la visite par l'ascension du Wayna Picchu (montagne pointue adossée aux ruines). Nous grimpons dans une jungle parsemée de brume, le sentier est étroit, la pente abrupt, nous nous retrouvons parfois à quatre pattes sous la roche dans des couloirs relativement étriqués. Nous croisons quelques vestiges de terrasses et de portes monumentales, jusqu'à atteindre le sommet d'où nous jouissons d'une vue magnifique sur la vallée de l'Urubamba et le site du Machu Picchu.

    Nous redescendons ensuite aux ruines où nous prenons un guide nous racontant l'histoire fascinante des Incas et leur remarquable ingéniosité. Ce site impressionnant se divise en deux grands secteurs séparés par l'esplanade centrale : la ville supérieure (mirador, garnison, terrasse) et la ville inférieure (greniers, temples, centres artisanaux, quartier des agriculteurs...)

     

    Suite à cette enrichissante visite nous reprenons le train pour Cuzco où nous passons la nuit.

    Après une semaine passée au Pérou Jean-Pierre et Lyliane reprennent l'avion en direction de la Réunion; les retrouvailles ont réchauffées les cœurs malgré le sentiment de ne pas en avoir assez profité...

     

    Julien et Marie-Pierre assistent à un chouette spectacle de danses et musiques folkloriques : les notes de musique sont tellement légères qu'on s'envole avec elles...

    Mathias part en mission rafting puis enchaîne avec Julien sur le saut à l'élastique le plus haut d'Amérique (120m).

     

    Notre séjour à Cuzco s'achève ici, demain nous prenons la route pour Arequipa vers le sud.  

    BOLIVIE : Sorata/ Copacabana/ Isla del Sol/ PEROU : Puno/ Islas Uros, Amantani et Taquille

    Nous partons pour Sorata, pays du trekking, à bord d'un mini bus. Le chauffeur s'arrête à plusieurs reprises pour vérifier si les sacs à dos sont toujours sur le toit (retenus par une simple corde), un sac de patates manque de dégringoler sur la route...

    Les transports boliviens ressemblent à ceux de Madagascar : le maximum de gens entassés dans le minimum d'espace : debout et courbés sur le voisin, allongés sur le toit...

    Sorata est un mignon petit bled niché au fond d'une vallée verdoyante entourée de beaux sommets enneigés où il fait bon flâner. Après un agréable petit dèj sur la terrasse de l'auberge et son magnifique panorama, nous partons nous balader et pique-niquer dans les environs.

     

    Le lendemain nous partons à Copacabana, sympathique petite ville posée sur les rives du lac Titicaca (plus haut lac navigable au monde situé à 3800 m d'altitude et s'étendant sur une superficie de 8300 km²), très tranquille avec beaucoup de marmailles et peu de voitures.

    Nous visitons la colline Horca del Inca parsemée de vestiges incas, puis nous grimpons au sommet d'un mirador d'où nous jouissons d'un superbe panorama sur le lac et la ville. 

    Nous apprécions la douceur de vivre sur un ponton du port, à faire de la musique avec des argentins et admirer le soleil couchant.

    Nous finissons dans un bar billard pour une excellente et mémorable soirée avec argentins, brésiliens, chiliens, péruviens, boliviens et colombiens.

     

    Le lendemain (encore pétés après 2h de sommeil…) nous partons en bateau avec nos vapeurs d'alcool sur l'île du Soleil où nous visitons des ruines incas; arrivés au sommet de l'île nous nous retrouvons en plein cœur d'une mini tornade : drôle d'expérience...

    Deux jours après nous rentrons sur Copacabana : le soir au restaurant nous nous retrouvons en plein tournage d'émission sur le tourisme en Bolivie : nous passons à la télé aujourd'hui (pour ceux qui ont le câble, l'émission est diffusée à l'international).

     

    Le lendemain nous prenons la route pour Puno au Pérou (adios Bolivia!) : grande ville relativement moche située au bord du lac Titicaca péruvien (le lac est à 40% bolivien et 60% péruvien). Nous y prenons un bateau pour aller aux îles Uros : îles flottantes d'environ 100 m², faites d'une couche de roseaux de 3m d'épaisseur avec une base immergée formée de racines emmêlées et ressemblant à de la terre. Les îles sont fixées à l'aide de 4 poteaux d'eucalyptus plantés au fond du lac et reliés entre eux par des cordes (!!!)

    Sur ces îles tout est fait de roseaux : les cases, les huttes, les meubles, les barques... et les habitants boivent l'eau du lac.

    Au moment d'embarquer, la quinzaine d'habitants indiens se met en rangée sur la rive pour nous chanter une chanson d'adieu en aymara. Une d'entre eux nous crie : «on se reverra peut-être en Bolivie! " car l'inconvénient d'une île flottante est...qu'elle peut dériver (!)

     

    Nous continuons ensuite jusqu'à la très sauvage île Amantani où notre famille d'accueil nous reçoit chez elle : il n'y a ni électricité ni douches, la cuisine et la cuisinière sont entièrement fait de terre et de paille et les toilettes sont situées dans la cour, avec un grand bidon d'eau et un seau en guise de chasse (vous l'avez compris : c'est très roots). Nous épluchons les patates avec la mama, la abuela et le papa, et buvons l'apéro en essayant d'échanger quelques mots (la quasi totalité des habitants ne parle que Quechua), puis nous mangeons des mets locaux à la lueur d'une bougie. Le soir une petite fête est organisée pour les touristes : avec musiciens, habits traditionnels et danses folkloriques...

     

    Le lendemain nous partons pour l'île Taquille : après 3h de marche nous nous posons dans une petite piaule (sur le trajet nous nous faisons courser par une vache folle et rebelle, nous obligeant à courir pour nous écarter de son passage...)

    Taquille fait 7 km de long, il n'y a pas une voiture et les habitants vivent en autarcie et de façon communautaire, refusant ainsi de sacrifier leur environnement au progrès.

    Le soir nous sommes invités à un mariage péruvien : les mariés très joliment habillés nous accueillent : le mari doté de prestance, nous offre à chacun une poignée de feuilles de coca et la mariée nous tend un bouchon d'alcool arrache gueule pour nous souhaiter la bienvenue. Nous leur donnons chacun 10 soles pour la participation et le mari les épingle à son élégant costume traditionnel.

    La piste de danse est en plein air à même la terre; nous sommes à 3950m d'altitude et il fait 5º (...)  : sur un espace de 8m sur 6, hommes et femmes, complètement pétés, dansent en tenue traditionnelle sur une cassette qui tourne en boucle... Un homme soul demande à Julien de lui offrir Marie-Pierre. Dans certaines contrées du Pérou les mariages durent 5 jours, on comprend alors aisément l'état lamentable dans lequel les invités se trouvent au bout du 3ème jour...

     

    L'endroit où nous dormons n'a pas d'eau courante et le confort est très sommaire, Mathias croit avoir une hallucination en voyant le plafond bouger : il est fait d'une grande toile blanche; je comprends vite pourquoi 4 couvertures sont posées sur chaque lit...

     

    Aujourd'hui nous reprenons le bateau pour rentrer à Puno et demain nous filons à Cuzco retrouver Jean-Pierre et Lyliane, les parents de Julien et Marie-Pierre. 

    BOLIVIE : La Paz

    La Paz, capitale de la Bolivie, est une curiosité urbaine : capitale la plus haute du monde, elle est étagée de 3200 à 4000m d'altitude dans un immense canyon encaissé où les riches résident en bas et les pauvres en haut (sur el Alto). Point de départ de nombreuses randonnées dans les alentours, elle est entourée de pics enneigés de plus de 5000m, appartenant à la Cordillère Royale.

     

    En Bolivie on peut manger un menu complet pour 1 et dormir pour 3 €, du coup nous sommes tout le temps au resto et c'est fatiguant; nous goûtons aux spécialités locales : salmonelles, amibes...

    Nous faisons nos emplettes dans l'une des rues les plus pittoresques de la Paz : la calle Sagárnaga, puis nous croisons le marché aux sorcières où l'on trouve potions mystérieuses, pierres magiques, plantes aux diverses vertues, fœtus de lama, peaux de serpent, de puma et autres bestioles...

     

    Nous visitons pour notre grand bonheur le musée des instruments de musique, crée par un spécialiste du charango (mini guitare bolivienne en carapace de tatou et à 10 cordes). Nous y découvrons une collection très variée : instruments précolombiens (ocarinas, flûtes érotiques en pierre) charangos, maracas, flûtes de Pan gigantesques et autres instruments fous : guitare à 5 manches, boîte à eau, flûte de Pan faite dans des plumes de Condor...

     

    Ce weekend Mathias a fait l'ascension du Huayna Potosi (6088m) sur 2 jours; étant clouée au lit je regrette de ne pas avoir pas pu l'accompagner...

    Nous débutons la semaine en louant des VTT pour une sacrée descente : départ de la Cumbre à 4700m pour une arrivée à Yolosa à 1100m, soit 5h plus tard et 3600m plus bas. Avant d'entamer la descente, le chauffeur et un de nos guides font un signe de croix (ce qui n'est franchement pas rassurant) : la majorité de notre itinéraire parcourt la Route de la Mort, une des plus dangereuses au monde...

    Quelques conseils de sécurité et c'est parti : nous sommes congelés et ne sentons plus nos jambes ni nos mains, il pluviote, grêle, vente; nous nous enfonçons en file indienne dans un épais brouillard, un guide à l'avant et un autre à l'arrière, il fait très sombre.

    Après quelques recommandations et une vive montée d'adrénaline, nous entamons la Route de la Mort : piste rocailleuse longeant un précipice allant parfois jusqu'à 1000m, nous passons sous des mini cascades, la boue redécore notre corps, nous descendons dans un décor de jungle les doigts parfois crispés sur les freins.

    Nous laissons une carcasse de camion sur notre gauche, le guide nous informe que certains touristes ont laissé leur peau sur cette route peu banale. Les marmailles qui rentrent de l'école se mettent en file indienne et nous tendent chacun leur main avec un grand sourire, pour qu'on tape dedans.

    Notre journée s'achève à Coroico dans un superbe hôtel où on prend un bain dans la piscine, puis une douche et un bon repas.

    La végétation nous rappelle fortement la Réunion; on s'y fait bouffer par des petits moucherons très coriaces dont les piqûres provoquent d'horribles démangeaisons...

     

    Après 9 jours passés à la Paz nous partons pour Sorata et ses belles randonnées.

    FRANCE : un très bel avenir...

    Chers parents, chers amis,

    suite à l'élection de Nicolas Sarkozy comme Président de la France,

    nous vous annonçons tous les trois que nous ne rentrons pas au pays.

    D'ici là, tenez bon durant les 5 années à venir...et...vive la France !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    BOLIVIE : Potosi/ Sucre/ Cochabamba

    Nous faisons une halte à Potosi, ville minière à l'architecture baroque, puis nous continuons jusqu'à la charmante cité coloniale de Sucre. Nous y visitons le musée des arts indigènes où l'on trouve de très beaux tissus tarabuccos (ethnie indigène de la région); puis le musée Charcas et ses collections d'art contemporain, colonial et anthropologique. Le soir nous montons au Mirador de la Recoletta pour admirer le coucher de soleil sur la ville.

     

    Le lendemain midi nous mangeons au marché dans une ambiance survoltée : de longues tables alignées bondées de boliviens; chaque serveur crie haut et fort le menu qu'il propose, et nous entendons malgré nous les prêcheurs du marché : un homme et une femme font les cent pas en criant des passages de la bible, le doigt levé au ciel. Vive le fanatisme religieux...

     

    En fin de journée nous partons pour une nuit de bus (sans WC : typiquement bolivien), le couvre feu est à 20h : toutes les lumières éteintes, il devient alors impossible de lire et il faut manger son casse croûte dans le noir...

    Nous arrivons à 5h du mat et Marie-Pierre cherche "patiemment" son sac pendant 1h30 dans chacun des bus de la compagnie qui défilent au terminal (les malheureux s'étaient trompés de bus) Comme on dit : "jamais 2 sans 3": je prédis alors que la prochaine fois c'est le sac de Mathias qui se fera la malle...

     

    L'après-midi nous faisons le plus grand marché de Bolivie; au retour Mathias et Marie-Pierre se perdent, ils tournent en rond comme des cons plus d'une heure dans la ville, à la recherche de leur auberge dont ils ont ni le nom ni l'adresse ! (relativement malin...)

    Le soir nous goûtons un alcool ancestral à base de maïs fermenté (la chicha) ; ça a plutôt une drôle de couleur et ça sent le vomi...mais ça se boit.

     

    Le lendemain nous partons pour la Paz. Nous avons 7h de bus et le chauffeur ne fait qu'un seul arrêt de 10mn pour permettre à une cinquantaine de personnes de manger et pisser (!) Puis il repart, sans se préoccuper d'une femme âgée qui arrive à nous rattraper en voiture : le type qui l'a prise en stop klaxonne comme un fou pour obliger le bus à s'arrêter et la reprendre à son bord...

    Ahhh ces boliviens...

    BOLIVIE : atmosphère...

    Petit descriptif de la Bolivie pour vous mettre dans l'ambiance...

    Les gens sont tout petits et certains ont la peau marron rouge; les femmes âgées, aux cheveux nattés sont courbées : elles portent des charges impressionnantes sur le dos (rien à voir avec nos 15 kg...) dans leur "awayo" (tissu carré coloré servant à transporter enfants et marchandises) et sont vêtues de la tenue traditionnelle : chapeau melon, châle, jupe bombée et colorée, petit gilet tricoté et bas.

     

    Il y a du beau métissage dans l'air... certains visages sont très marqués et chargés d'histoire... Marie-Pierre a souvent envie de prendre les vieilles mamas dans ses bras pour leur faire un câlin.

     

    Le réseau routier est peu développé; aux carrefours de la Paz deux hommes tendent une épaisse corde d'un trottoir à l'autre pour obliger les gens à traverser sur le passage clouté (!) Les rues, sales, sont très animées et parfumées de bonnes et mauvaises odeurs; on croise des vendeurs de tout (PQ, couverts...) avec leurs brouettes, petites charrettes et autres; un type debout sur le trottoir avec sa balance à la main, fait payer les gens qui veulent connaitre leur poids.

     

    Des marmailles crient la direction du bus par sa porte ouverte ; les vendeurs de billets font de même à leur comptoir au terminal des bus.

    Le klaxon, trop souvent inutile, s'utilise à tout bout de champ et les voitures sont largement prioritaires sur les piétons... Elles ne s'arrêtent surtout pas face à un obstacle ! fut-il humain...

     

    Le travail des enfants est apparemment autorisé : nous voyons un gamin d'à peine 10 ans, le badge professionnel accroché à son tee-shirt troué.

    Les gens ne cessent jamais de travailler, surtout les pauvres : parfois de 9h du matin jusqu'à minuit 7 jours/7.

    Les cireurs de chaussures portent une cagoule pour éviter d'être reconnus.

    Les WC sont souvent immondes, il faut s'accrocher quand on est une fille... et les douches sont électriques : l'eau est instantanément chauffée par une résistance au niveau du pommeau.

    Les écoliers sont en costard cravate ou robe-blouse blanche. 

    Les déclarations d'impôts se font dans la rue, autour de petites tables installées à même le trottoir avec des machines à écrire et couvertes par des parasols.

     

    Nous nous sommes mis à la coca : plante médicinale bonne pour le mal de l'altitude, la faim, la digestion, la fatigue... à boire en infusion ou à mâcher. Rassurez-vous les parents ce n'est pas un psychotrope contrairement à son produit dérivé la cocaïne...

    BOLIVIE : désert et Salar d'Uyuni

    Ça y est nous arrivons en Bolivie... Nous traversons le désert en 4X4 pendant 3 jours, nous y croisons des geysers de boue au bruit assourdissant, des thermes et diverses lagunes colorées avec leurs hordes de flamands andins. Le 1er soir nous dormons dans une auberge roots au toit fait de sacs de terre et de feuilles de tôle, sans douche et avec des lits aux draps usagés et au sommier en béton et en sel...

     

    Le lendemain nous voyons l'arbre de pierre (sculpté par l'eau et le vent), le volcan Ollague encore en activité, ainsi que des mini tornades...

    Nous passons la nuit dans un hôtel pittoresque en son genre :  les murs, le sol, le sommier des lits, les tables, les tabourets... sont entièrement fait de sel ! Emerveillée, Marie-Pierre n'en croit tellement pas ses yeux qu'elle se met à lécher un mur pour en être convaincue...

     

    Pour notre dernier jour nous partons admirer le lever du soleil sur le Salar de Uyuni, le plus grand désert de sel au monde (10 000 km²).

    Nous marchons sur une couche de 6m de sel pur et de 120 m de sel mélangé à de la terre; puis nous continuons jusqu'a l'Île aux Pêcheurs avec ses cactus géants et de toutes formes, pour jouir d'un panorama magnifique sur le salar. Nous y prenons le petit dèj et continuons vers le musée de sel et ses mines, puis nous finissons la journée au cimetière de trains (l'un d'entre eux complètement délabré et rouillé, est tagué de la phrase " Asi es la vida! "

     

    Contrairement  au Chili et à l'Argentine, en Bolivie nous ressentons bien mieux le dépaysement... 

    CHILI : San Pedro de Atacama

    Nous traversons pour la 3ème fois la frontière chilienne (adios Argentina!) pour aller à San Pedro de Atacama, village très roots situé au nord dans le désert chilien (le plus aride au monde) Le 1er jour nous louons des vélos pour aller se balader dans la Vallée de la Mort...terrible vallée : il y fait un cagnard d'enfer, aucune végétation ni ombre à l'horizon. Nous sommes à 2400m, la piste est par moments très difficile car nos vélos s'enfoncent dans le sable, rendant l'effort plus intense. Marie-Pierre attrape un méchant coup de chaleur et ne garde pas un bon souvenir de cette vallée qui porte bien son nom...

     

    Nous continuons ensuite notre chemin jusqu'à la Vallée de la Lune où nous nous enfonçons dans des mini-canyons entièrement faits de crystal de sel recouvert de terre rouge (nous entendons le décor craquer tout autour de nous sous l'effet du soleil) Nous marchons  accroupis dans une galerie rocheuse qui nous mène jusqu'à la grotte de sel, puis nous grimpons une grande dune de sable nomée le mirador pour admirer le coucher de soleil sur les Andes.

     

    Le lendemain nous partons pour un petit bain dans la lagune Ceja : l'eau est tellement chargée en sel que nous flottons de tout notre corps; Mathias essaie de toutes ses forces d'aller toucher le fond à peine situé à 3m : impossible ! Nous nageons le corps entier allongé sur la surface de l'eau, c'est très rigolo comme expérience...

    Notre guide Jean-Pierre (salut à toi Pépito) nous fait goûter différentes plantes qu'on croise sur notre route, en fin de journée nous filons avec lui vers un petit refuge roots à 4300m d'altitude. Le soir nous scrutons le ciel avec émerveillement : il est réputé être le plus clair au monde; les observatoires astronomiques y poussent comme des champignons.

     

    Le 3ème jour nous partons à l'aube voir les geysers de Tatio puis nous grimpons le cerro Copacoya à 4833m d'altitude. La marche de 4h est assez difficile, il n'y a absolument aucun sentier et ça grimpe sec ! Nous marchons lentement, la respiration rythmée sur nos petits pas pour éviter le mal de l'altitude appelé "la puña". Arrivé au sommet, Mathias prend la pause "superman en caleçon" pour la photo...

    Au retour de notre marche nous prenons un bain dans les thermes chaudes voire brûlantes du geyser, très agréable après l'effort...

    Nous passons notre dernière nuit chilienne au restaurant, animé par une peña : petit groupe de musiciens faisant la tournée des restos; notre cure de poisson se termine ici. 

    Adios Chile !

    ARGENTINE : Salta et sa région

    Nous sommes maintenant à Salta, toujours plus au Nord de l’Argentine. Nous louons une voiture pendant 3 jours pour visiter la région et ses multiples richesses naturelles. Le 1er jour nous partons au lever du soleil pour traverser les Vallées Calchaquies. Sur la route que nous empruntons la signalisation pour indiquer qu'un côté de la chaussée est impraticable, se fait avec des bidons sur lesquels sont posés des bocs portant des torches allumées. La piste est parfois roots, notre radio diffuse de la musique très kitsch.

     

    Nous passons d'une vallée ensoleillée aux montagnes d'un rouge profond et parsemées de cactus, à un ensemble de collines verdoyantes et poilues.

    La piste en lacet nous mène jusqu'à un col envahi de brouillard, certains endroits nous rappellent un peu la Plaine des Cafres à la Réunion. Nous continuons sur une longue route droite bordée de chaque côté de champs de cactus à perte de vue. La route est partiellement en travaux, un ouvrier pousse de ses mains un rouleau compresseur manuel.

    L'air est très sec, le soleil mord la peau et la chaleur est assommante; un sommet enneigé nous nargue au loin...

    Nous croisons un petit village désertique aux airs mexicains. Les petites cases bordant la route (dont une en forme d'igloo) sont faites de terre et de paille; des tapis de gros piments rouges sèchent à même le sol.

     

    Plus on monte vers le nord de l'Argentine plus les gens sont typés indiens avec le teint marron chaud;  nos peaux blanches et nos têtes de gringos (surtout Mathias) font l'attraction du coin...

     

    Certains villages par lesquels nous passons sont dignes des vieux westerns; Mathias nous siffle un air d'Ennio Morricone...

    Nous poursuivons notre route dans un paysage de plus en plus désertique; la végétation se raréfie, les petits villages que nous traversons (construits dans une oasis) sont d'un calme absolu et possèdent un certain cachet.

    En fin de journée nous nous arrêtons à Cafayate pour y passer la nuit, nous y goûtons un des meilleurs vins blanc du pays.

     

    Le lendemain nous parcourons la Quebrada de las Conchas, sorte de gorges où l'eau et le vent ont façonné à mesure du temps des formes surréalistes dans les montagnes. Nous admirons des paysages dignes des parcs des USA. Pêle-mêle, un accordéon géant de terre rouge troué de petites fenêtres, un ensemble d'aiguilles pointues, des strates couleur chocolat, ocre et rouille, en contraste avec une érosion perpendiculaire donnant corps à une espèce de mosaïque, et des châteaux de roches posés sur le lit du río.

    Certaines sculptures naturelles ont leur propre nom : la "Gorge du diable" dans laquelle nous grimpons pieds nus, et "l'Amphithéâtre" où Mathias s'essaye à des cris de singe malfamé...

     

    Sur la route nous observons une nuée de Loros (perroquets vert cru), un guanaco (genre de lama), une espèce de bête à mi chemin entre le bouc et le zébu, un condor, un faucone et autres espèces locales... En fin de journée en arrivant au centre de Salta, nous remarquons avec stupéfaction un type sur son vélo avec une tête de bœuf toute fraîche et sanguinolente sur son porte baguage. Puis en rentrant au parking Capitaine Crochet (un homme ayant un crochet à la place de chaque main) nous indique où nous garer.

     

    Le lendemain nous partons vers le Nord. Nous suivons le même trajet que l'ancien "Train des Nuages", nous prenons en stop un pépé du coin et nous filons dans la Quebrada del Toro, montagnes lézardées couleur ardoise et rouge-violet, parfois orangé et vert bronze, parsemées de peupliers jaunes et de champs d'herbes de la pampa. Nous arrivons à San Antonio de Los Cobres, petit village minier moche comme tout et désolant.

    On sent que la Bolivie n'est plus très loin : les habitants sont purement indigènes. 

    Un peu plus loin nous nous arrêtons pour casser la croûte sous un immense viaduc. Nous sommes à 4200m d'altitude, nous avons un léger mal de crâne et la sensation que notre corps est tout mou...

     

    Notre chouette balade de 3 jours s'achève ici, nous rentrons à Salta.

    Demain au lever du soleil nous prenons la route pour le Chili...

    ARGENTINE : La Rioja : Parc nationaux de Talampaya et d'Ischigualasto

    Après une courte nuit nous partons au lever du soleil pour les singuliers parcs nationaux de Talampaya et d'Ischigualasto dans la province de La Rioja. Le parc d'Ischigualasto reste une énigme géologique, un endroit surréaliste avec des paysages bucoliques... et le parc de Talampaya sur fond de teintes rouges offre un majestueux canyon.

     

    Dans le parc d'Ischigualasto nous visitons la Vallée de la Lune, véritable paradis des paléontologues (le fossile du plus vieux dinosaure de la Terre y a été trouvé);  puis la Vallée Peinte et sa magnifique palette de couleurs. La terre est rouge, on croise une espèce végétale au tronc et aux branches vert fluo (photosynthèse de la chlorophylle dans ce type de milieu). On y trouve aussi des pierres et strates couleur vert bronze et ocre, des dunes roses et orangées, ou encore bordeaux, jaune souffre et vert amande, des cactus de toutes formes à tête jaune ou aux épines rose bonbon, des fourmis orange vif... un véritable paradis de couleurs ! Plus loin sur la piste nous nous arrêtons pour observer des formations géologiques peu banales, donnant forme à un sphinx, un champignon géant, un reptile ou encore un sous-marin...

     

    Puis nous avançons jusqu'à un tapis de pierres rouges rondes et grosses comme des boules de bowling; un peu plus loin nous découvrons des plaques de pierre couvertes de fins trous de toutes formes fines et stylisées, laissant croire à des écritures anciennes... la visite se poursuit au pied de falaises rougeoyantes.

    C'est dingue comment la nature peut faire les choses, on a l'impression que quelqu'un est venu sculpter la roche, polir les pierres et peindre le décor. Tout est parfaitement posé comme si chaque chose était à sa place.

     

    Nous terminons la visite dans un petit musée à admirer des fossiles de dinosaures; notre guide est fort sympathique et bourré d'humour.

    L'après-midi nous enchaînons sur le Parc National de Talampaya faisant l'objet d'importantes études géologiques et archéologiques. Nous scrutons des pétroglyphes réalisés (sur de la pierre foncée tachée de jaune et d'orange vif) par d'anciennes civilisations qui n'étaient là que de passage (des touristes, comme nous...) Nous arrivons ensuite dans un grandiose (haut de 150m) et très beau canyon où l'on se sent tout petit.  Un ensemble de pics s'élançant vers le ciel forment une cathédrale, le guide nous emmène au pied du canyon dans l'une de ses cheminées (cf. photos) d'où nous nous amusons à crier tous en cœur haut et fort ''hola'', suivi de 4 échos plutôt résonnants.

     

    Ces deux parcs sont vraiment spectaculaires...

    Journée inoubliable... 

    Frontière CHILI/ARGENTINE

    Après une belle et longue balade sur le bord de mer Julien et Marie-Pierre prennent la route pour l'Argentine.

    Nous traversons à nouveau la frontière Chilienne pour aller rejoindre Mathias à Mendoza.

    On rencontre de vrais guignols aux douanes, qui ont toute la vie devant eux... Ils vous font passer d'une file à l'autre 3 fois : ils ont tellement la flemme de vous enregistrer, qu'ils vous expédie gentiment auprès de leur collègue du poste d'en face, pour aller boire tranquillement leur maté (boisson nationale). Aïe aïe aïe...

     

    La route que nous empruntons pour la traversée (Alta Montaña) est magnifique. Nous grimpons dans les Andes vers les sommets enneigés en traversant une vallée sublime où la terre est rouge, l'herbe jaune, et les collines allant du vert-gris à l'anthracite, en passant par l'orange-ocre... 

    CHILI : Santiago/ Valparaíso

    Nous voici au beau milieu de la capitale Santiago de Chile, avec son grouillement humain et son merveilleux nuage de pollution. L'ambiance des auberges n'est plus du tout la même : les gens ne se disent pas bonjour; ou on vous répond "hello" quand vous dîtes "hola"; les murs sont placardés d'anglais et les réceptionnistes vous parlent systématiquement en anglais, ce qui est très agaçant et relativement trop gringo à notre goût...

     

    Nous sommes allés manger au Mercado Central, puis acheter des plantes médicinales dans une ambiance colorée, parfumée et survoltée.

    Nous nous sommes ensuite rendus sur la colline Santa Lucía avec son petit castillo incrusté dans la roche, pour admirer la vue sur la ville.

    Le soir nous sommes sortis dans le quartier le plus animé de Santiago : Bellavista, avec Manuel un chilien que nous avions connu en Argentine.

     

    Le lendemain Mathias nous quitte pour fuir la ville et aller plus tôt que prévu à Mendoza en Argentine. Quant à Julien et moi nous partons pour Valparaíso : grande ville portuaire hallucinante où beau et affreux se côtoient sans frontières...

    Au moment où je vous écris nous sommes dans un bar mythique au fond d'une impasse (le Casino J. Cruz) où tables et murs font office de livre d'or de la maison... Chaque visiteur laisse une trace de sa venue; nous y avons d'ailleurs laissé une dédicace réunionnaise :  " Té craz in ti maloya pou ban' chilien la don! "  

    Dans cet endroit peu banal on trouve un crucifix, des missiles, des hélices d'avion, des bibelots ...accrochés au mur. Nous sirotons un Pisco Sour (boisson nationale à base d'eau de vie de raisin, de citron, de blanc d'œuf en neige et de sucre (à ta santé ma chère Sandrine!) en écoutant du Piaf version péruvienne : un peu étrange...

     

    Le lendemain nous partons nous balader sur le Muelle Prat : quai offrant une vue sur l'ensemble de la ville ainsi que sur la mer et ses lions en pleine activité farniente...  puis nous parcourons les ruelles jusqu'à traverser le musée de peintures à ciel ouvert.

     

    Valparaíso, fresque à elle seule, compte une quarantaine de collines sur lesquelles des tas de petites maisons aux mille et une couleurs sont perchées les unes sur les autres. On dirait un château de carte géant qu'on a l'impression qui peut s'effondrer à la moindre rafale de vent ou pluie trop abondante.

     

    Cette ville est très pittoresque, je n'ai jamais rien vu de pareil...  Pas mal de français y ont élu domicile, charmés par son originalité; nous y avons d'ailleurs croisé un bar se nommant "Le filou de Montpellier", ou encore "Le Pont d'Avignon" (Ben voyons...)

     

    C'est une expérience fascinante que de déambuler et se perdre dans le labyrinthe de ses ruelles étroites, avec leurs dizaines de centaines d'escaliers, les "ascensores" (genre de funiculaires permettant d'admirer de beaux panoramas); sans compter les centaines de fils électriques foutument entremêlés, les hordes de chiens et les cases colorées qui s'agglutinent en joyeux bordel.

    Les porteños (habitants de Valparaíso) sont parvenus à défier toutes les lois de l'architecture : certaines cases sont de travers (penchées à droite ou à gauche sur le vide), d'autres sont construites avec les restes d'anciens naufrages, et nombreuses sont aux ¾ du plancher juchées au dessus du vide, simplement retenues par de fragiles "piliers" en bois tordus.

    C'est complètement ahurissant !  On se demande comment des gens peuvent y habiter sans la peur de l'effondrement au ventre...

    Quoiqu'il en soit cette ville unique en son genre vaut vraiment le détour...

    CHILI : Puerto Varas/ Islas Chiloe/ Melipeuco/ Conguillio

    Nous franchissons la frontière chilienne, condamnés par la douane à manger toutes nos bananes avant l'entrée sur leur territoire... Nous passons la nuit à Puerto Montt. Le lendemain nous partons en ferry pour les îles Chiloe, escortés par un banc de phoques; nous faisons une halte à Castro (sur la Isla Grande) d'où nous partons en balade pour le Parc National de Cucao (certains sentiers nous rappellent ceux de la Réunion). La journée s'achève par un agréable coucher de soleil sur le Pacifique.

     

    Isla Grande est parsemée de petites cases très colorées sur pilotis, d'églises en bois à l'architecture particulière (selon les plans des missionnaires jésuites), et il y souffle un vent terrible.

     

    Nous remontons à Puerto Varas, point de départ de nombreuses excursions. Nous décidons (intrigués par le nom) d'aller passer la nuit à l'auberge Margouya. Il se trouve que c'est un Français amoureux de la Réunion et ayant travaillé Chez Loulou, qui la tient ! Marie-Pierre hallucine en y revoyant une réunionnaise qu'elle avait connu lors de son stage à Air Austral (que le monde est petit...)

    Nous partons tous en balade durant 4h, en passant par le "Sendero Solitario" qui nous mène au pied du volcan enneigé Osorno. Nous le contournons pour échouer au bord du grand lac paisible de Todos Los Santos. Sympathique journée sans l'ombre d'un nuage, qui s'achève sur notre premier vin chilien, bien bon... Salud Amigos !

     

    Hier nous sommes partis pour une rando de 5h sur la trace des volcans, dans le Parc National de Conguillio. La balade était très agréable, dans un décor majestueux. Nous avons traversé une forêt d'araucarias (pouvant atteindre 45m de hauteur), avec une porte découpée dans un tronc d'arbre énorme qui barrait le sentier; nous avons également fait connaissance avec une petite mygale morte de trouille face aux géants zumains. Après avoir longé le grand lac Conguillio d'un bleu intense, nous sommes arrivés au pied de la Sierra Nevada enneigée, d'où nous avons admiré le très beau volcan Llaima et son chapeau tout blanc. Tout le parcours était vraiment magnifique. 

    La journée s'est terminée sur le plus beau coucher de soleil du voyage : couleurs orange-feu et rouge sur un fond de ciel rose-violet ; le genre de moment où l'on voudrait  voir le temps s'arrêter...

     

    Sur la route entre Temuco et Melipeuco on trouve des petites chapelles originales : en plein air dans un petit enclos, avec quelques minuscules "bancs" posés à même la terre et sans l'ombre d'un toit.