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VENEZUELA : Caracas/ Choroni/ Chuao/ Ciudad Bolivar

De l'avion qui se dirige vers Caracas, nous apercevons la côte découpée du Venezuela et les eaux turquoise de la mer des Caraïbes en contraste avec la terre rouge et la végétation flamboyante des collines environnantes.

Arrivés à l'aéroport, trois porteurs déguisés en flics français viennent nous proposer discrètement de changer de la monnaie à un bon taux; nous continuons un peu plus loin et c'est tout le monde qui nous assaille pour le change.

Un vent d'air chaud et humide nous met une claque lorsque nous mettons un pied dehors. Nous grimpons dans le bus nous menant à la capitale, Caracas : salsa à fond, nous passons les banlieues bordées de centaines de petites cases colorées entassées les unes sur les autres; la conduite est anarchique.

 

Caracas est une jungle urbaine, une ville monstrueuse où règne un joyeux bordel : une activité trépidante avec d'incessants klaxons en guise de fond sonore (quelqu'un nous explique que les vénézuéliens ne supportent pas le silence, synonyme de mort, et qu'ils ne peuvent donc pas s'empêcher de faire du bruit). Malgré son agressivité, son stress et son bruit, Caracas reste étrangement agréable...avec un certain cachet tropical : il y a beaucoup de blacks et de manière générale un riche métissage; de nombreux étals de fruits tropicaux bordent les rues colorées et nous entendons de la salsa et du reggaetone à chaque coin de rue.

La vie est chère; nous échouons dans un hôtel de passe aux chambres ornées de miroirs et aux escaliers équipés de caméras...

Nous retrouvons la charmante Justine (copine française) et ses amis vénézueliens : l'ambiance est très portée politique et développement rural, compte tenu des études et fonctions de chacun.

"A Caracas les flics seront vos pires ennemis" nous dit-on; nous le testons malgré nous : un flic nous hèle dans la rue et nous fait faire demi-tour pour nous incendier, d'un regard méprisant et un air hautain, car nous avons osé ne pas répondre à son bonjour (que nous n'avions évidemment pas entendu...) Tranquilo señor !!!

 

Nous partons pour Choroni sur la côte; dans le bus on nous demande de garder tous les rideaux fermés afin d'éviter les projections de pierres de la part de délinquants. Nous empruntons une route de montagne qui serpente péniblement à travers une dense végétation humide et luxuriante, traversant d'agréables paysages et une forêt de bambous.

Choroni est un petit village de pêcheurs fort plaisant, rappelant un peu Manapany-les-bains à la Réunion.

Nous logeons à Puerto Columbia dans une petite auberge rustique; à peine arrivés nous déjeunons rapidement et prenons une lancha (barque à moteur) pour aller flâner sur une petite plage paradisiaque et complètement retirée. Nous nous éclatons dans les vagues couleur turquoise puis reprenons la mer : c'est vraiment le pied cet endroit !

Le lendemain nous partons en bateau à Chuao, charmant petit village en bord de mer, très roots, avec une atmosphère de bout du monde où le temps semble s'être arrêté.

Seuls face à une nature triomphante, nous marchons pendant 1h jusqu'au village, à travers des plantations de cacao (le meilleur du monde selon eux), café, canne à sucre, bananiers, fruits à pain, et une forêt d'arbres gigantesques. Nous nous liquéfions sur place sous le cagnard; il fait tellement chaud que le bitume engloutit en son sein des centaines de capsules de bouteilles...

La majorité de la population est noire (tous descendants d'africains) et vit pieds nus; tout produit arrive ici par barque, même les rares voitures que l'on croise...

Nous rentrons à Choroni et buvons une bière sur le petit port; les pêcheurs font l'attraction du coin avec les espadons, requins et autres poissons qu'ils ramènent. En soirée nous sortons faire la fête : nous sirotons divers cocktails tout en admirant, le regard médusé, une danse endiablée : Pablo (notre pote vénézuélien) et la serveuse italienne dansent le meringue et la salsa divinement bien (muy caliente...)

Nous sortons ensuite nous balader : le week-end le village s'enflamme dans le crépitement des tambours du barlovento (une danse sensuelle et primaire), le tout arrosé de guarapita (rhum passion). Nous finissons en boîte de nuit jusqu'à 4h du mat : en savates, panta-court et débardeur; la piste est en plein air posée sous un flamboyant.

 

Le lendemain Marie-Pierre part rejoindre Mathias à Caracas (Julien reste se poser à Choroni); nous partons pour une nuit de bus jusqu'à Ciudad Bolivar dans la Gran Savana. Nous atterrissons dans une très belle et agréable auberge (Don Carlos) de style colonial, tout en bois avec un joli patio, un bar façon western, des chaises en fer forgé et bois sculpté, et de nombreux objets anciens; on y écoute que du reggae et l'ambiance est très décontractée...

 

Nous partons 3 jours en tour organisé au Salto Angel : après 2h30 de bus nous prenons un petit cessna que nous devons attendre 1h le temps qu'il recharge la batterie !

Nous survolons des paysages sauvages et bucoliques : chutes d'eau boueuse, énormes tépuis (montagnes de forme tabulaire), lagunes, larges rivières aux nombreux îlots serpentant à travers une dense forêt... jusqu'à un petit village où nous prenons une barque en direction du campement.

Au détour de certains virages le río nous offre des paysages magnifiques, le trajet à lui seul vaut le détour, tout est grandiose : les imposants tépuis aux multiples cascades, leurs reflets dans l'eau, les jeux de lumière du soleil couchant...

Un orage menace au loin : on se prend une pluie diluvienne qui nous détrempe en quelques secondes.

 

Notre campement est un grand préau sous lequel sont suspendus une trentaine de hamacs. Après une courte nuit grâce à un ronfleur invétéré, nous reprenons le río jusqu'au second campement, passant les rapides à contre courant : l'eau s'infiltre dans la barque et nous trempe.

L'après-midi nous partons en excursion au Salto Angel : plus hautes chutes du monde (9079m) sur le trajet l'eau est couleur rouge-ocre; nous nous baignons dans ses eaux fraiches et tonifiantes.

Le dernier jour nous partons à l'aube, l'atmosphère est mystique : une épaisse brume a envahit la forêt et le soleil inonde les falaises tépuis d'une lumière rosâtre. Nous arrivons au Salto Sapo : impressionnantes chutes d'eau que nous admirons du sommet, puis nous empruntons un petit sentier passant derrière les chutes : le bruit est assourdissant et la force de l'eau impressionnante, nous prenons une bonne douche...

Nous continuons ensuite vers le Sapo Acha dans la belle lagune Canaïma, et rebelote... Notre tour s'achève ici; nous reprenons notre petit cessna pour Ciudad Bolivar où nous passons 2 jours tranquillou-pépère, puis nous filons en bus de nuit à Caracas.

Demain déjà nous rentrons en France, après des mois de vadrouille et de superbes découvertes...le temps passe trop vite...

EQUATEUR : Riobamba/ Baños/ Quito

Nous faisons une halte à Riobamba puis continuons vers Baños; le taxi nous menant à la gare routière se met à courser le bus (déjà parti) pour qu'on puisse y grimper...

Baños de Agua Santa est un petit village paisible niché au creux des Andes et adossé au versant du volcan Tungurahua en activité permanente. Son cratère est situé à moins de 10km de Baños et le village a déjà été enseveli sous une épaisse couche de cendres. 

Nous apprécions la douceur de vivre de ce village thermal à la végétation tropicale abondante. Dans notre auberge nous entendons avec émerveillement et admiration un fou rire de perroquets ! 

 

Nous filons ensuite à la capitale, Quito : située à la base du volcan Pichincha, la ville étend ses quartiers populaires sur de verdoyantes collines et se divise en deux grandes zones distinctes : le Quito moderne au Nord et le Quito colonial au Sud. Notre auberge se situe en plein Quito moderne : très branché (hôtels internationaux, restaurants chics, bars, discothèques...) il y règne la nuit une atmosphère électrique (la ville ne dort jamais...)

Nous nous y faisons une chouette bande de potes espagnols, français et anglais, autour de parties de billard à n'en plus finir et de fiesta rhum organisées par l'auberge.

Nous partons visiter le Quito colonial : historique et populaire, il renferme de nombreuses façades ouvragées, des marchés, petites places pavées, ruelles étroites et une impressionnante cathédrale.

 

Nous gagnons ensuite La Mitad del Mundo (autrement dit : le milieu du monde) : nous franchissons la ligne de l'Equateur, physiquement marquée au sol et séparant l'hémisphère Sud de l'hémisphère Nord (certaines expériences physiques à gauche et à droite de la ligne equinoxiale y sont réalisées au grand bonheur des touristes...)

Le lendemain nous grimpons (en compagnie du très chaleureux équatorien Jaime) dans un téléphérique jusqu'au sommet d'une montagne à 4100m d'altitude, offrant un panorama époustouflant sur Quito, les volcans, montagnes et vallées alentours.

Nous filons ensuite à Otovalo, le plus grand (trop) marché de toute l'Amérique Latine, nous y faisons nos emplettes puis retournons à Quito prendre l'avion pour le Venezuela. Adíos Ecuador!

EQUATEUR : Loja/ Vilcabamba/ Cuenca

Nous voilà en Equateur. Notre première impression ? 

On se croirait à la Réunion ! (Marie-Pierre sent qu'elle n'aura aucun mal à aimer ce pays...), notre bus arpente une route sinueuse 8h durant, à travers montagnes et collines couvertes d'une luxuriante végétation  tropicale.

 

Nous nous arrêtons à Loja, ville étape pour aller visiter Vilcabamba : charmant village à l'éternel printemps, niché dans la Vallée des centenaires (ici dit-on "la mort a pris des vacances"; nous voyons accroché à un mur la photo d'une dame de 126 ans).

Nous séjournons quelques jours dans un écolodge situé en plein cœur de la réserve naturelle de Rumi Huilco. 

Nous voilà en pleine forêt tropicale : nous dormons avec scorpions, scolopendres et araignées, nous nous douchons avec limaces et moustiques coriaces, et cuisinons avec cafards, guêpes et bourdons. (Marie-Pierre est on ne peut plus rassurée...).

Notre piaule à l’intérieur humble et 100% naturel, est en terre crue et en bois. Nous y accédons en franchissant un pont affaissé sur une des rives de la rivière (cf. photos) puis en empruntant un petit sentier.

A Vilcabamba le temps semble s'être arrêté.

Nous visitons la réserve et mitraillons de nos appareils photo ses multiples oiseaux et papillons; lorsque nous rentrons à la nuit tombée des lucioles nous offrent un spectacle magnifique en illuminant la montagne de leur scintillement vert phosphorescent.

 

Nous partons faire une superbe balade à cheval dans l'immense Parc National de Podocarpus renfermant une riche biodiversité (pumas, ours à lunettes, loups du paramo, cerfs, orchidées...). Le parc s'étend de 900m à 3800m d'altitude et on y trouve tous les écosystèmes depuis la forêt tropicale humide jusqu'aux hauts plateaux.

Nous traversons des rivières, passons des cols, nous enfonçons dans des sous-bois humides et frais. Lorsque nos chevaux partent au galop nous sommes comme des gamins, large sourire fendu jusqu'aux oreilles et moustiques collés aux dents...

Chouette journée s'achevant sur un agréable et lascif massage (à faire bander un mort...)

 

Nous prenons ensuite la route pour Cuenca, Mathias nous quitte pour aller en Colombie. N'ayant pas arrêté de courir pendant 3 mois, Julien et Marie-Pierre préfèrent prendre le temps de vivre et d'apprécier les rencontres.

Troisième grande ville du pays, pétrie d'une âme coloniale, Cuenca possède un charme indéfinissable. Classé au Patrimoine de l'Unesco, son centre historique est magnifique, renfermant petites rues pavées, façades historiques, jolis balcons fleuris ouvragés et une majestueuse et splendide cathédrale.

On y flâne avec enchantement sans jamais se lasser; l'inconvénient est qu'on n’arrive plus à la quitter...

 

Nous séjournons dans une chouette auberge à l'ambiance très conviviale où nous nous faisons une bande de potes argentins, colombiens et français. Nous partageons nos cultures, enchainons les fêtes, parties de cartes à n'en plus finir et discussions jusqu'au bout de la nuit...

Julien et moi n'arrivons plus à partir...nous repoussons l'échéance par deux fois. Après une semaine nous arrivons enfin à plier bagages : un pincement au cœur nous échangeons les adresses e-mails avec nos potes, les serrons dans nos bras et partons pour Baños.