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PEROU : Lima/ Huaraz/ Trujillo/ Huanchaco

Lima, capitale du Pérou située sur la côte, est une ville maussade en hiver avec sa constante "neblina" : rideau de nuages et de brume toujours baissé. La ville offre une belle architecture coloniale et regorge de flics et de gardes car dangereuse. Certains chauffeurs de taxi conduisent entourés d'une une "cage" grillagée pour se protéger; les flics patrouillent avec leur bouclier et sur la Plaza Mayor des tanks sont postés devant le Palais Gouvernemental. Nous y restons 2 jours, logés dans le quartier résidentiel de Miraflores, puis prenons la route pour Huaraz : joli petit bled posé entre les imposantes et superbes cordillères Blanche et Noire.

Nous partons grimper le Pastoruri (5460m), sur la route nous croisons des puyas de Raimondi, curieuses plantes endémiques au Pérou ne fleurissant qu'une fois tous les 100 ans et ne poussant que de 3800 à 4200m  d'altitude. Nous faisons une halte à la lagune aux 7 couleurs où nous remplissons nos bouteilles d'eau ferrugineuse puis nous attaquons l'ascension du Pastoruri (un panneau indique "sentier difficile mais pas impossible"...). Arrivés au pied du glacier nous découvrons une grotte magnifique à l'intérieur bleu turquoise et parsemé de stalactites, où l'eau sculpte gracieusement la glace. Le sommet du glacier est une porte ouverte sur les Andes, nous y apprécions des paysages grandioses qui nous laissent sans voix. Nous arpentons ensuite la descente en partie sur les fesses et en se lançant des boules de neige.

Le lendemain Mathias et Marie-Pierre partent en trekking pour 4 jours dans le Parc National de Huascaran : vrai petit bijou de la nature, le trek de Santa Cruz renferme lacs, rivières, cascades et vallées, le tout cerné de glaciers et montagnes de plus de 6000m. Debout à 6h nous faisons 3h de bus sur une piste pourrie à travers la montagne, passant par la lagune bleu turquoise Llanganuco, surmontée du plus haut sommet péruvien : le Huascaran. Arrivés au début du sentier le guide charge les mules et nous partons pour 4h de marche jusqu'au campement; pendant la pause déjeuner les mules viennent nous quémander notre casse-croûte. Le lendemain nous franchissons le col de Punta Union (4750m) donnant sur un panorama magnifique. Après 7h de marche nous arrivons au campement et admirons le coucher de soleil sur les pics enneigés. Après une courte et bien fraîche nuit nous partons au mirador de l'Alpamayo, "la plus belle montagne du monde" (selon les péruviens) en forme de diamant, puis nous nous enfonçons dans une superbe vallée aux paysages bucoliques, couleur rouille, ocre, vert amande, turquoise, rouge...

Le dernier jour nous poursuivons notre treck dans cet endroit paradisiaque puis nous rentrons en mini bus à Huaraz : après une douche salutaire et un bienvenu repas copieux, nous enchainons sur une nuit de bus jusqu'à Trujillo sur la côte pauvre et désertique du Pérou. Nous passons la nuit à Huanchaco, station balnéaire à 15km de Trujillo, puis prenons un bus pour Piura, dernière ville étape avant Loja en Equateur.

Notre long séjour péruvien s'achève ici. Adios Perú !

PEROU : atmosphère...

Nous sommes en hiver et sur les villes côtières règne une constante brume relativement déprimante (appelée "neblina") que le soleil pénètre difficilement.

 

Il circule pas mal de cyclo-pousses et les taxis roulent au gaz, non tant par souci d'écologie que par rentabilité, car comme les boliviens les péruviens n'ont aucune conscience écologique et sont sans pitié pour la Pachamama. Tous conduisent comme des fous, la conduite est vraiment free style par ici.

 

De manière générale concernant les services, les péruviens sont bien mieux organisés que les boliviens, qui font les choses de façon plus artisanale.

 

Les marmailles sont tout crasseux et mendient ou travaillent dès leur plus jeune âge depuis 8/9h du matin jusqu'à 11h le soir (le français parait bien ridicule à revendiquer ses 35h...). Ici on vend des coups de fil: un portable à la main, des gens crient dans la rue " llamada? llamada? ".

 

Comme en Bolivie les adultes péruviens partagent sans retenue l'univers de leurs enfants : ils sont facilement amusés de ce que ces derniers peuvent faire (comme s'ils réparaient ou retrouvaient leur enfance volée par l'incontestable pauvreté). Les gens sont adorables, chaleureux et très serviables, ils se soucient de vous comme si vous étiez un membre de leur propre famille, nous y faisons de belles rencontres, très amicales.

 

Nous devenons tous les trois fous face à la beauté des femmes : métisses (chinois/indigène) aux traits fins, elles sont magnifiques...ce sont les plus belles que nous avons croisées jusqu'à présent.

 

Sur certains murs on peut lire écrit en gros caractères : " le commerce d'organes est interdit ". Sur beaucoup d'autres murs nous lisons "zone sûre en cas de séisme" car le pays a toujours été rythmé par de nombreux tremblements de terre.

 

Les péruviens ont l'esprit très patriotique : à Cuzco tous les dimanches sur la Plaza de Armas, militaires et marmailles d'à peine 7 ans paradent sur une marche militaire. Un type me raconte d'un air révulsé que le jour de la fête de l'Indépendance ces mêmes marmailles de 7 ans défilent une mitraillette à la main, et leurs pères tout fiers d'eux les applaudissent et les photographient (!)

 

Les péruviens aiment "taguer" les collines de toutes sortes de messages en rasant la végétation ou en creusant la terre.

 

Ici il n'y a pas de métier d'hommes, les femmes sont ouvrières et travaillent sur les chantiers avec les hommes.

 

Les péruviens sont très à cheval sur les contrôles de sécurité : souvent un type monte à bord des bus de nuit une caméra à la main, filme le visage des passagers et prend leurs empreintes avant d'embarquer dans le bus, ou dépose parfois la liste des voyageurs dans une voiture de police stationnée pas très loin. 

PEROU : Arequipa/ Colca/ Nazca/ Huacachina

Arequipa : belle grande ville à 2300m d'altitude surnommée la ville blanche (car construite en pierre de lave blanche), est située dans une oasis de verdure au pied du gigantesque volcan Misti. Deuxième grande ville du Pérou, Arequipa offre 350 jours de soleil par an et des températures très douces (fort agréables pour nous car c'est l'hiver et cela fait un moment que nous n'avons pas eu chaud).

 

Au restaurant nous mangeons avec les doigts (tradition oblige) notre premier plat inca copieux et très savoureux.

Nous passons nos après-midi à jongler et faire de la musique sur la place des arts avec nos nouveaux potes péruviens, argentins et américains.

 

Nous partons trois jours traverser le canyon de Colca avec notre charmante guide Sarah.

Deuxième plus profond du monde, le canyon de Colca ressemble plus à une vallée renfermant de nombreuses terrasses pré incas sculptées dans la montagne, des sites sauvages et escarpés et une pampa désertique surmontée de volcans.

Nous descendons au fond du canyon et passons la nuit au petit village de San Juan. Le lendemain nous continuons jusqu'à une mignonne petite oasis sans électricité; Sarah nous fait goûter les délicieux fruits de divers cactus. 

Notre piaule est une petite cabane en roseaux posée à même la terre, où vent et soleil pénètrent librement. Bercés par le bruissement de la rivière en contrebas, nous dormons jusqu'à 3h du matin puis plions bagages pour attaquer l'ascension ardue du canyon : nous grimpons au clair de lune pour arriver à Cabanaconde à l'aube; sur la route nous croisons deux mama péruviennes servant des chaudes tasses de coca pour booster les randonneurs. Après un appréciable petit dèj puis filons à la "Cruz del Condor": point de vue où l'on admire le vol gracieux de condors (oiseau sacré des Andes). Nous embrayons ensuite sur un agréable bain aux thermes de Chivay, à l'eau sulfureuse et ardente (42°).

 

En fin de journée nous revenons à Arequipa où nous retrouvons nos potes : nous animons les rues et places de la ville avec nos percussions, guitares, harmonica, didgeridoo, flûte et chants... super souvenir et chouettes rencontres...

Après un difficile au revoir à Arequipa et nos potes, nous partons de nuit pour 10h de bus jusqu'à Nazca; au moment de partir un type monte à bord du bus et filme le visage de chacun des passagers pour la sécurité.

 

Au petit matin à notre arrivée nous prenons un petit avion de 3 places pour survoler les lignes de Nazca :

formes géométriques et animaux stylisés (dessinés entre l'an 300 et 900) à même le désert de Nazca : creusés dans la terre ou dans la roche sur 10 à 30cm de profondeur et sur une largeur pouvant aller jusqu'à 3m.

En dehors des formes géométriques (arbre, main, fleur) on peut dénombrer une vingtaine d'animaux dont un colibri de 60m de large, un singe de 80m, une baleine, une araignée...

Certains archéologues pensent qu'il s'agit là du plus grand calendrier astronomique du monde : les dessins seraient la reproduction de figures formées par les étoiles et ils permettraient d'enregistrer le mouvement exact des astres; et les lignes serviraient à repérer les alignements du soleil, de la lune et de certaines étoiles pour calculer les saisons. D'autres voient à travers ces dessins l'œuvre d'extra-terrestres.

Menacées par l'érosion et les changements climatiques, les lignes de Nazca demeurent un grand mystère et sont fascinantes à observer...

 

L'après-midi nous partons à Huacachina, magnifique oasis en plein désert où nous grimpons une grande dune de sable pour admirer un magnifique coucher de soleil sur le désert (Marie-Pierre est heureuse, elle réalise un autre de ses rêves).

Le lendemain nous partons pour une chouette aventure en buggy dans le désert : armés de nos sandboard (surf des sables) nous nous éclatons comme des fous : nous dévalons les dunes de sable, se cassant la gueule et mangeant du sable par la même occasion.

Au retour notre chauffeur Luís s'amuse avec son buggy à travers les dunes : sensations garanties... Ce fût une superbe journée.

 

Le lendemain nous partons pour la capitale péruvienne Lima.